Portrait de Christine Mohr

Image de l'approche integrative


APPROCHE INTEGRATIVE ou MULTI RÉFÉRENCIELLE : quelle thérapie ?


Chacun est unique et multiple. La souffrance est humaine et mon expérience m’a permis de considérer qu’aucune approche thérapeutique ne permettait à elle seule d’accompagner toutes les situations. Mon approche initiale était exclusivement psychanalytique mais, à l’usage, même si elle me semble indispensable, elle ne me paraissait pas suffisante ou parfois même pas être adaptée. La demande de chaque patient n’est pas la même : soutien, aide au dépassement d’une crise, développement personnel, etc. Mon expérience antérieure d’infirmière et de puéricultrice m’a permis d’acquérir depuis longtemps une vision développementale mais je suis aussi aller m’ouvrir à d’autres approches. Une vision limitée à une seule approche est très restrictive mais parfois certaines approches sont inconciliables sur un certain nombre de points. Parfois elles peuvent être complémentaires, et c’est cet aspect qui m’intéresse, accompagner au mieux chacun, aider chacun à trouver sa solution et à la construire.


  • la Psychologie Développementale : c’est une approche généraliste qui ne tient pas compte des aspects individuels, ni du corps (pas objectivable pour les cognitivistes); motricité et en expérimental, c’est le rapport aux objets physiques sans considérer les effets des interactions.
    Chaque individu se développe en fonction de sa maturité neurologique, physique et psychique. Un enfant de 2 ans, un autre de 10 ans, un adolescent de 15 ans, un jeune adulte ou un adulte de 40 ans ne peuvent pas avoir une vision du Monde identique. On observe des crises développementales. Mais je rencontre aussi le Sujet singulier qui se développe dans un environnement familial, social, professionnel, sportif, etc. avec lesquels il interagit tout au long de sa vie.

  • la Psychanalyse : le sujet est plus important que le collectif avec une vision rétrospective des adultes sur leur enfance. L’enfant est difficilement dissocié de sa mère et de son père avec une dimension relationnelle prépondérante. L’Inconscient (avec le préconscient et le conscient) occupe une place prépondérante dans cette approche. Freud reste un pionnier, que ces théories soient considérées par chacun comme valides ou pas. L’Inconscient se manifeste dans le Rêve, le Lapsus et le domaine artistique (dessin, etc).
    Cette approche permet d’émettre des hypothèses entre le manifeste (ce qui est visible) et le latent (ce qui est caché), les processus de répétition, tout ce qui fait lien dans notre histoire personnelle. Un travail d’élaboration en recherche du sens est alors possible. Rien n’est figé dans notre histoire, tout peut bouger, évoluer… le patient peut se découvrir lui-même.

  • la Neuropsychologie : les tests neuropsychologiques permettent d’apprécier et quantifier un trouble cognitif après une affection cérébrale mais aussi les capacités mnésiques, langagières, praxiques, gnosiques, etc. Les troubles des apprentissages d’origine instrumentale sont pris en charge par la neuropsychologie (origine psychologique associée ou pas). Cette approche évoquée compte tenu des problématiques « dys » (dyslexie, dyspraxie, etc.) qu’il s’agisse de l’enfant ou de l’adulte. J’associe systématiquement des tests projectifs (ou tests de personnalité) car le rationnel ne peut être séparé de l’affectif. Je n’isole donc jamais la neuropsychologie… et les tests psychométriques de la clinique.

  • l’approche comportementaliste : cette approche prend en compte le traitement des symptômes d’angoisse, pas leur origine. Pour les comportementalistes, le nourrisson est distinct de sa mère dès la naissance. Ils pensent qu’il est inutile, voire nuisible, de postuler une indistinction primitive. Je ne peux pas partager une vision aussi radicale, comprendre l’origine de l’angoisse me paraît important : le risque majeur, à mon sens, est un déplacement de symptômes. Cependant lorsque diverses approches ont échoué et que la souffrance demeure insupportable, il est parfois nécessaire d’y avoir recours. J’oriente alors les patients sur d’autres collègues spécialisés.

  • le Trans et Intergénérationnel : nous sommes le produit de désirs parentaux accompagnés de tout l’aspect transgénérationnel d’où l’importance de la place de l’enfant à venir dans le psychisme de la mère, du père et du couple. Un Sujet peut-être le symptôme d’un mal-être familial… Il est parfois utile de comprendre les rouages de ce fonctionnement afin de pouvoir « rendre à César ceux qui est à César ». Cela permet de s’en dégager, de mettre une distance protectrice ou de mettre là aussi du sens à la situation, qu’elle soit consciente ou pas.

  • la Programmation Neuro Linguistique (PNL) : cette approche est fondée sur une démarche de modélisation en ce qui concerne la communication et le changement. Je suis parfois amenée à l’utiliser pour visualiser de façon « virtuelle » la difficulté rencontrée ou les places occupées par chacun.

  • l’Ethnopsychologique : il s’agit de caractéristiques psychiques spécifiques à certains peuples et groupes sociaux. Le présupposé est le suivant: des personnes rencontrant des difficultés et non pas ayant des difficultés: la difficulté n’est pas dans la personne mais dans l’interrelation entre la personne et un environnement qui demande quelque chose. Cette approche permet une double entrée: du côté du sujet, du côté du socius (l’un et l’autre étant lié). Il existe une notion de norme culturelle (culture française, subculture, universalité) et d’espace de jeu entre les différentes normes. La norme se définie par rapport à l’anormalité et l’anormalité par rapport à la norme. De ce fait, la terminologie « dys » y est refusée…

  • Approche Integrative